mercredi 31 mai 2017

L'ombre de Pascale Mathieu

L’ombre naît, l’ombre meurt, l’ombre crie dans le jour, 
un appel au secours.
L’ombre est comme une enfant
Comme un jour qui s’allonge, une nuit se détend.
L’ombre est comme un témoin, d’un présent qui s’efface.
L’ombre est comme un passant, dont on poursuit la trace.
L’ombre, c’est un réveil où deux être s’enlacent.
Elle est comme une aurore.
L’ombre c’est le sommeil, où deux êtres s’embrassent.
Et comme un crépuscule, l’ombre c’est le passé, l’Hier
C’est l’éveil qui dépasse.
Debout, face au soleil
Derrière, elle trépasse.
Reste seul le présent
L’ombre est partout et veille
Immatérielle face.
Elle est comme un feuillage, qui bruisse doucement
Nous révèle l’invisible, esprit vif et soufflant, 
l’existence du vent.
L’ombre se sert de nous et le soleil encore
Du monde pas si flou, nous sommes la matière
Des personnes et des arbres, par qui il se projette
Pour définir l’image
Silhouette en découpé
Sans trait et sans visage
Tournant autour de nous, compagne de voyage
Diluant notre esquisse
Quand mélangée sous l’arbre
C’est elle qui nous glisse dans l’indifférencié.
Sous cet arbre à palabres
Dans cet ombre, tous mêlés,
Enlacés, embrassés, mélangés
On y fait le récit de chaque uns, son voyage
Et l’on repart d’ici, sans se faire d’ombrage.
Séparés, détachés, réparés, désunis,
Mais unis avec l’autre, réunis vers le sage, 
découvert dans le nôtre
Cette alliance message, qu’à travers le désert, 
il y avait du sable
Au bout de celui-ci, peut-être cette plage
Frontière de la mer où se trouve un passage
Comme entre ciel et terre, où la lune envisage
D’éclairer les vivants, délivrant ses étoiles
Myriades de splendeurs, dont la nuit est la toile.

Même la lune boit
Mais elle c’est d’halo
On voit que vous buvez, c’est l’ombre de vous-même.
On distingue de vous, un verre à vous verser, 
une bouteille à boire
C’est l’ombre de votre ombre.
Ce qui n’existe pas dans ce curieux mélange
Qui séparé du corps nous paraît très étrange
Car il joue votre sort, quand boire à la source
Ouvrant votre gosier ardent à la fontaine
Votre ombre se rejoint à cette source claire.
Allers vers ce noyau, le centre de ce fruit
Source en abondance
Où vous êtes lié sans être délié
Et qui fait repousser un autre fruit sans cesse.
L’ombre, c’est pour vous dire que vous n’êtes pas seul
Qu’il est dessus de vous quelqu’un qui vous réveille
Qui vous éclaire vous, plus haut que le soleil
Et que caché en vous, si il vous fait de l’ombre
Pour laisser votre cœur et faire des merveilles
Brûlant d’une impatience à être aimé
Du fond de votre transparence.
Cette bouteille vide, vidée comme l’absence
Est comme remplie d’ombre.
Pour la dessiner vive, on y trace un trait blanc
Qui donne ce volume de constater ce manque
Le manque, votre vide, vous qui le cherchez tant
A consommer si ivre, cet alcool trop puissant.
Mais celui-là, le manque qui vous réveille tôt
Chaque jour, sans attente autre que le repos
De le nourrir d’un fluide pour le remplir à flot
Comme des larmes humides, qui le comblent bientôt.

L’ombre c’est le T-moins
Du plus, bien que nous-mêmes
L’ombre on la traverse comme on passe les murs.
Elle est comme l’esprit dépouillé de matière
L’ombre c’est nous esprit passant par notre frère
Traversant à l’œil nu, rejoignant notre père 
en sa source lumière
Royaume antimatière, notre antique matrice, 
notre mémoire mère.
Unique cicatrice vers notre devenir
A venir revenu d’un présent continu

Dont l’ombre nous revient de ne pas être 
contre le reflet de Jésus
Actes de ses apôtres et qu’elle disparaît quand alors confondue
Épousée, attirée, jumelée, entrevue
Sans pour cela confondre qu’il est roi de lumière
Prince qui nous invite vers le plus beau mystère.
A être comme un, l’autre, connaissant sa part d’ombre
Et choisir le soleil de la part sacrée de l’homme.
Ce Dieu qu’est cet enfant, à élever qu’on nomme
Le plus resplendissant, le responsable ami, amour
Qu’en aimant il adore
La passion de notre être
Qui veut renaître encore.
La nuit dans les ténèbres si sombres si obscures
Se réveille le jour, clarté dans la lumière.
L’ombre, c’est un chemin à travers la forêt
Laissant passer les raies, les rayons arbrisés
Comme une promenade d’un soleil abrité
Pour celui qui, nomade, cherche un lieu apaisant.
L’ombre c’est comme un gant à la main invisible
L’ombre est sur les mots, splendeur toute déliée.
Les rubans de lumière, entrelacs lumineux
Gainé d’encre liquide, un crayon de papier
Pour les rendre lisibles, ombrés pour les ancrés
D’un nom qui donne audible, le sens de les poser
Sur notre indivisible cœur, enfin pacifié
De son identité, qui est sa différence
Et le fait exister parce qu’il est autre
Alors qu’il est nous-mêmes
Un indifférent thème (t’aime).

Vous pouvez vous cacher de vous, même des autres
Oh, sans nul doute oui, mais l’ombre elle est fidèle
Douce et délicate
Jamais elle ne vous quitte, parce qu’elle vous révèle
Et qu’elle en a tant hâte.
Elle tourne autour de vous
Elle vous suit derrière
Elle est à vos côtés
Quels qu’ils soient reflétés
Et que soient les barrières
Elle court à l’avance, quand vous figez l’instant
Tomber, oh oui, peut-être.
Courber, baisser la tête
Elle s’arrête et se meurt
Quand vous n’êtes pas debout, il faut la devancer
Se peut-il cet ombrage, à rebours d’un courant
De vous être éprouvé, échouant le naufrage
Ne pas avoir sombré, ayant laissé couler
A flots, là, cette absence dedans, que vous pensiez remplir
En consommant des fluides éphémères et grisants
Mais pas d’ombrer le pire de vous dissoudre dans
D’oublier le désir, d’un vrai commencement
De consumer un feu dans un corps trop brûlant
Pour faire disparaître l’avis de cet enfant
Qui a bien connu l’ombre, il s’est conçu dedans
Percevant la lumière d’un voile transparent
Le ventre de sa mer et tous les bruits stridents
D’un extérieur en clair
Qu’en un cri déchirant
On inspire cet air.
Vous êtes passé par là, de l’ombre à la lumière
Et de cette ombre ronde, ventre d’une maman
C’était là comme un monde, dessiné rondement.
Mais il fallait avant, au sortir de la mer
Un liquide amniotique, un cordon comme un lien
Qui coupé en Aimant, le bel ombilical
Et en faire un nombril, un centre, un nom brillant
Qui n’est en rien banal, qui est cet ombilyque
De vous autoriser d’avoir été l’enfant
Unique et authentique
Qui crée dans l’invisible, un accord, une corde
Qui ne se rompt jamais.
Le beau lien très mystique, ma foi, miséricorde
Car si vous retombez, c’est un nœud qu’il refait
Pour vous ré-approcher.
Un nœud qui n’est pas lâche
Mais toujours plus serré
Plus prêt de son attache,
Son Amour d’être prêt
Vous relever sans cesse
Vous apprendre la marche
Sans perdre sa tendresse
Cahotante et peu sûre
Mais pas de l’être ivre
De celui qui assure
Et que debout encore, vous vous avancerez
Gagnant en équilibre de vous harmoniser
A l’être qui veut vivre l’émotion d’être libre
Que cette ombre creusée fait saillir de volume
Que tout êtres les traits, qu’au bout de cette plume
Il désigne la une, donne le mouvement
Sur un lac trop placide, reflétant la montagne
En une ombre liquide.
Mais s’il est quelques vagues
C’est grâce à l’ombre qui sculpte les paysages
Fait naître le relief, les formes d’un visage
Et de faire son fief, l’endroit que l’on sait sage
En acceptant toujours le joli paradoxe
Qui nous donne les jours, égaux dans l’équinoxe
Il nait et puis s’endort le printemps et l’automne
Un temps d’équivalence qui s’étend sans supplices
Vers les ombres solstices
Quand il naît en été et meurt en apparence
Dans l’hiver d’une terre méditant sa naissance
Une ombre est un silence.
L’ombre ne parle pas avec des mots tous bas
L’ombre c’est le contraste qui ne porte aucun masque
Elle ne dit rien de plus, que l’instant où vous êtes
Un dessin du présent qui se rend manifeste 
Ça n’est pas un fantôme, il n’y a rien de funeste.
Elle est un trait d’union, elle est la vie plus forte
Une partie de l’un, et l’un qui, par son autre
Vous montre le chemin.
Votre ombre est votre escorte comme sur votre main
D’autres ombres vous portent, quand en ombres portées
Elles ouvrent une autre porte
Celle de votre cœur, de savoir la beauté
Entrant dans la pénombre, comme s’éveille le soir
La peine reposée de chaque jour en nombre
Voilés d’éternité.
Un papillon s’endort.
L’ombre, c’est une part de notre obscurité
L’ombre c’est quelque part, elle qui nous prépare
La plus dense clarté.
L’ombre vous fait passer et rend un clair-obscur
D’où votre pureté sera ainsi filtrée.
Oubliant le futur pour devenir lumière
Et de la regarder sans cligner des paupières
Et se laisser aimer par ce qui est sincère
Acide, amer, jeté
Douceur en vous mêlée
Ce miel ombré doré.

Moi je vous en supplie, allez boire sa parole
La lire, l’écouter, délivrés à l’entendre
Sons, musique à vos sens
Mais dans un seul en vers
Sixième poésie
Ivresse de la vie
Unique elle est à vous
Pour chaque un, pour tout autre
Le même mot précis, précipitant l’ici
Maintenant, le présent, cadeau de cette soif
D’un Amour étanché, en tout temps infini
Passé ou imparfaits.
Futur ou pas futés
Fut d’un vin d’une source
S’écoulant comme un sang de vie, jamais à perdre
Le rouge des vivants, d’une bouche béante
De paroles d’Amour
Qu’aucune plaie suintante
Ne peut durer toujours
Et que dans un silence, comme nouveau langage
Vos souhaits, vos désirs, de vous aimer en frères
Vous et votre prochain, le plus proche de vous-même.
Monte vers lui serein, votre belle prière
Murmure de votre cœur, cri d’enfant vers son père.
L’ombre cachée derrière, ça vous savez le faire
Et revient le sourire
Et les gouffres de mots
Que vous direz en rires
Comme des vagues à larmes
Sortant de votre gouffre.
Cet être plein de vide
Ce vide rempli d’être
Et renonce au suicide
Dans son cœur, dans sa tête
Et dans son corps lucide.
Reste cette lueur, cette lumière avide
Que votre ombre si noire se transforme en couleurs
Contraste en un miroir.
Que l’amour que vous êtes, pour vous et pour les autres
N’est pas un prisonnier qu’on juge et qu’on arrête.
Libre et vérité, qu’alors il se reflète, par vous, en vous, partout
Et aussi pour les autres.
La chaîne de l’esclave, si courbé qu’il se tasse
On la voit, semble lourde et lui met une entrave.
Les mais levées au ciel
Détournant une impasse
Lancée telle une flèche, votre ombre laisse place
A l’allée du soleil.

Sortir de vos vices comme de vos viscères
Et de cet esclavage, redevenu poussière
Nous rendre enfin service et en faire un partage
Et que tous ces sévices, celui qui dévisage
Vous les battiez, glorieux
Et de lui faire outrage à ce venin odieux.
Vous êtes prêts de croire, c’est de faire confiance, 
à vous, à lui et Gloire
Croyants de l’espérance vivante, 
quand l’espoir se meut en désespoir
Relevez-vous de vous grandir, faire croissance
Et dites-le, je croîs, je crois en ma renaissance.

Comme un cadran solaire, vous indiquez le jour
L’ombre laisse la nuit, faire son demi-tour
La planète est en vie, elle en vaut le détour.
Etourdir notre vie par ce beau tour à tour
Que nous sommes aussi, mais qu’elle, est l’est toute
A la fois pour toujours, de tourner par Amour.
Et qu’un matin levant, lueur promettant l’ombre
Quand au soleil couchant, la nuit, soudain demeure
D’une lune bien ronde, c’est la sœur du soleil
C’est un moment sans ombres, prometteur d’infini
L’absolu des étoiles dans le plus pur bleu-nuit
Prémices sans nuages, d’un bleu dont le sillage
De l’oiseau qui s’envole, délivrant son message
Qu’en s’élevant plus haut, il n’y a pas de mirage
Juste un détachement, son ombre et son passage.
Il ressemble à un ange, venu du fond des âges
Un lumineux enfant, ses ailes grandes et blanches
Font glisser dans le vent, l’oiseau qui n’a pas peur
De l’envol au bonheur.
L’ombre est aussi solide, qu’un arbre qui est droit
L’ombre, elle se souligne, ce qui paraîtrait plat
L’ombre, elle rend mobile, sous le vent ne rompt pas
L’ombre, elle nous déshabille de tous nos apparats
Elle n’est pas blanche ou noire, elle est neutre, voilà.
L’ombre est toute splendide et elle donne l’éclat.
L’ombre, c’est le regard, de celui qui dessine
Et qui creuse le noir
Du bon bout de sa mine, il connaît la lumière
Les courbes et les formes, il a cela de clair
De les poser plus sombres, il est observateur
Et elle ne se dérobe à son œil éclaireur.
Mais l’ombre lui dedans, quand gît notre grand cœur
Si sombre, elle le couvre, comme un voile de deuil.
Et mourir à cette ombre, c’est accepter de soi
Qu’il est un créateur, qu’il est une lumière
Cachée à l’intérieur, qui est déposée là
N’attendant, que légère, l’ombre d’envolera
Voler dans la clarté, d’être enfin libéré
Brillant dans un éclair et par un tel éclat
L’instant est éternel et l’ombre passera
Elle est une complice, quand vous changez d’état
Et dans l’air qui vous hisse, voler d’un cœur qui bat
Dessus le précipice, où l’ombre se débat
Doucement, elle glisse, de ce que l’on n’est pas
Et vous montez, Félice
Votre corps est en bas
Votre esprit un délice
De goûter à la joie
Celle qui ne s’ombre pas.
L’ombre, c’est une preuve de l’Amour qu’il nous tend
Et d’en faire l’épreuve, de nous aimer autant.

Je ne pouvais faire de l’ombre
A quelques lettres abécédaires
Je n’en n’avais pas le temps
Il me fallait trop réfléchir
Le sujet de l’ombre est si clair
Que je ne pouvais que l’écrire
Esprit connecté à mon cœur
Qui par ma main pouvait traduire
Le sens de mon ombre
Qui est à la lumière de ma table
Comme une fable.
C’est là que je réfléchis
Lorsque l’ombre est mon amie.

Pascale 


mardi 30 mai 2017

Le guerrier à l'ombrelle

Vêtu d'un impeccable pourpoint noir brodé du Pourpre Élégant, il cheminait félin en équilibre sur l'arête de la crête, suivant la piste blanche... à l'affût des traces d'ombres d'un ombilic enterré... Ouverture obligée vers les profondeurs et donc vers sa survie.

Pas une goûte de sueur ne perlait sous le maquillage patiemment appliqué par couches successives depuis l'aube du temps, maquillage qui selon un rituel ancestral se déroulait dans l'heure bleue, à l'exact moment où les nocturnes capitulent enfin et où les diurnes gonflent leurs poumons de l'orgueil nécessaire.

Apportant la touche finale des geishas de jadis, au bout de son doigt verdi par la pâte onctueuse d'un jus d'orties, il se peignit la bouche.

Le chant léger du coq sonnait la fin de la cérémonie.

Ses lèvres d'opale lui donnait l'apparence d'un à part.

Chevauchant la colline, il plissait :
Dans sa prunelle se reflétait la lumière grise et froide d'une détermination d'acier.

Sur la plage, les marchands d'ombres étaient les rois.
Secondés par la pègre noire soutenue par les mercenaires sombres...

Les bourgeois rassurés s'éventaient, plus bedonnant et narquois d'un parasol à l'autre.

Des tâches éparses et dérisoirement inutiles s'alignaient sur le sable face à l'infini du grand mauve.

Dans les mégapoles déclassées, les urbains à la peine s’amassaient sur les trottoirs jaunes et mouraient en tentant d'avancer, subtil contraste avec les trottoirs d'en face où rafraîchissements et brumisateurs vous étaient offert à satiété
- Les cons ! Disaient les uns
- Les salops ! Disaient les autres

Mais au zénith, l'Impalpable grillerait sous peu jusqu'à l'haleine des vivants..
Il fallait se calfeutrer, fuir le moindre rayon éclairant, l'horloge mouvante arrivait à son terme et jusqu'à la venue du disque lunaire, toute vie devait trouver naufrage dans la pénombre de l'Entraille...

AndMister Lucien 
(From "The Quai des Lunes", Paris.)

lundi 29 mai 2017

Sous les feux de la rampe

Ombres et lumières de contes et mythologies croisés
Sur la palette alphabétique d’une scénariste déjantée.


Les acteurs regroupés sur la scène saluent un public absolument consterné. Or comment ne pas applaudir, ceux ayant interprété un texte, aussi timbré ?

Note de l’auteur : pour cette aventure insensée, j’ai commencé à rédiger les notes de bas de page. Mais à lui seul, le répertoire d’une mythologie croisant la grecque, la romaine, la slave, l’hindoue, etc., sans compter certains mots de l’alphabet, est si imposant, que ça risquait d’être indigeste. Dieux, déesses, guerriers, avec leurs attributs spécifiques, existent tous. Des erreurs ont pu se glisser mais parfois j’ai délibérément brouillé les pistes. L‘almanach est donc en cours et ceux que ça tenterait peuvent aussi tout vérifier. En tous cas, ça m’a passionnée et je me suis amusée. J’espère que le plaisir sera partagé !

1 Borée : Dieu du vent du Nord
2 Eole : Dieu des vents. D’où le terme d’éolienne.

Valérie Osganian - (groupe "forum des mots") - Paris.

dimanche 28 mai 2017

Texte, image et son de Mister Lucien

Alliage puissant, pour une composition aussi bouleversante que renversante.

Que cet artiste sorte de l’ombre de ténèbres, illuminant tout ce qu’il invente.

Cette création est d’une portée et d’une force absolument époustouflante !

V.O

samedi 27 mai 2017

L'ombre d'un doute

Hommage au texte « Sans l’ombre d’un doute. » de B.G, un « acermalien », chevalier servant des ombres des lunes.

« Donne l’absinthe à une femme, donne l’absinthe à une femme et tu verras comme elle t’aimera. »

Sa réussite scolaire, pour son père et sa mère, c’était une fierté indubitable ! Immigrés et survivants du pire, désirer un avenir pour elle, était admirable. 
Mais à l’adolescence, éducation, principes, valeurs, sombrent en intenable. Treize ans, la vie devant elle, sans l’ombre d’un doute, c’était très réfutable. Etait-elle réductible à ce faire-valoir, en satisfaisant une mise si honorable ? Alors pour une fois, elle ignora l’ombre pesante des directives parentales. 
Peut-on lui reprocher d’avoir osé, dans la pénombre, un risque qui fut fatal ? 
La fillette, à peine pubère, rêvait d’être enfin femme, est-ce condamnable ? 
Elle ne se méfia pas de ces garçons roublards, qui commirent l’irréparable. 
En lui faisant goûter un drôle de canada dry, on l’enivrait, c’est indéniable. Sourires et bravo pleuvaient, alors elle but et but, jusqu’au coma, inévitable. 
La mémoire de ce jour déloyal, resterait à jamais gravée, c’était probable. 
La suite décline une sombre série noire du trauma répété, est-ce croyable ? 
Dès lors, la jeune adulte confond les hommes et les breuvages imparables.
La quête d’amour s’ombre de l’imbuvable, pour être une femme désirable. Histoire banale, d’une proie facile, pour un abus initiatique, indéfendable. 
Alibi ou prétexte, dira-t-on, pour des substituts, devenus incontournables. Laissons au témoignage, le bénéfice d’un doute, à l’ombre d’un indécidable. 
De ce jour, elle crut à l’élixir, épanchant sa soif de reconnaissance insatiable. Dans l’ombre d’un doute, les penchants de cette femme restent discutables. 
Plus tard, elle en prit ombrage, voulant tuer en elle, des poisons délectables. 
Mais elle ne céda pas sur sa compréhension, pour des hommes vulnérables. Mauvaise augure de choix ombrageux, liés à un si lourd passif inoubliable ? 
La lutte est sans répit, pour repousser les ombres spectrales, inaltérables.
On dit que la victime se fait bourreau d’elle-même, est-ce si indubitable ? Laissons l’ombre d’un doute, quant à l’issue d’une telle fatalité, redoutable. 
Et qui sait au fond, de vie jusqu’à trépas, de quoi elle serait encore capable ? Peut-être percer l’ombre, au rythme des arpèges, d’une plume indomptable. 
La clarté de la lampe fait planer l’ombre d’un doute, sur l’écrit, déchiffrable.

Donne l’absinthe à une femme, donne lui ce breuvage, et tu sauras comme elle devient immaîtrisable.



Ci-dessus le dernier texte en date en guise de contribution à ces formidables rencontres d’auteurs de plumes.
Saluant cette belle initiative et remerciant toute l’équipe, qui nous arrache de l’ombre de nos amertumes…


Valérie Osganian - (groupe "forum des mots") - Paris.

mercredi 24 mai 2017

La proie pour l'ombre

« Ce chien, Voyant sa proie en l’eau représentée,
La quitta pour l’image, et pensa se noyer.
La rivière devint tout d’un coup agitée ;
A toute peine, il regagna les bords,
Et n’eut ni l’ombre ni le corps. »
Esope. « Le chien qui porte la viande. »

“Hello darkness, my old friend,
I’ve come to talk with you again...”
                     Simon and Garfunkel



« La proie pour l’ombre. »

Elle referma le livre, songeuse, pensant au sien, qui était peut-être un leurre.
Mais dans ce climat vespéral, nimbé de demi-pénombre, persistait une lueur.


Ce jour là.

L’hiver venu, la clarté déclinait vite, projetant ses ombres étirées à l’infini. 
Elle n’était pas revenue depuis très longtemps, si certaine que tout était fini.
A cet instant, au lieu dit du rendez-vous où elle attendait, l’anxiété la gagna. Elle ignorait qui était celui désireux de rester à l’ombre de son anonymat. Seuls, des appels masqués, lui avaient permis d’entendre un timbre de voix. Pour cette première rencontre, il avait donné ses consignes plusieurs fois. Ils se retrouveraient sur le dôme d’une colline, située à distance de la ville. L’endroit choisi lui étant familier, elle avait pensé à un scénario, puis mille. Elle devait s’y rendre à l’heure précise du crépuscule, à sa première tombée. Cependant, elle avait décidé de prendre de l’avance, pour ne pas se tromper. 


Quelques semaines plus tôt.

Son entourage qui n’aimait pas la savoir seule, lui avait conseillé un site. Repliée dans l’ombre depuis trop longtemps, elle devait rompre avec ce rite. Elle aurait refusé si on ne l’avait pas convaincue que c’était indispensable. Ses résistances cédèrent face à des témoignages, prouvant que c’était fiable. C’est donc le cœur léger qu’elle franchit le pas, du prétendu insurmontable. Plus tard, elle s’interrogerait sur le dessein, de ces bonnes âmes charitables. Entre-temps, prise à ce jeu du virtuel, elle eut des échanges plutôt plaisants. Mais nul ne sut vraiment capter son esprit pour l’intéresser, durablement. Jusqu’à ce profil, déclinant pseudonyme, profession et un texte évidemment.

« Le salon est plongé dans l’ombre. Par la fenêtre, je vois un flocon de neige. Il virevolte lentement vers toi et illumine nos probables stratèges. » Arpège.

Arpège enseigne la philosophie, apprend aux élèves le mythe de la caverne. Platon nous instruit sur ce qui se révèle à nous, à travers de pures illusions. Elles génèrent les faux semblants, dans l’ombre de ceux qui les gouvernent. L’être se dérobe devant son paraître, qui l’aveugle, de trop de présomptions.

« Bonjour. Arpège au téléphone. Merci pour votre beau mail, très lumineux. Je n’ai encore rien reçu de si vrai d’aucun internaute. J’ai été très heureux. Vos mots ont résonné au plus profond de moi et je me sens plus courageux. A mon tour de vous demander ce qui a pu vous inspirer, j’en suis curieux. »

J’avais écrit : « Aucun lieu nulle part ne nous préserve des erreurs passées. L’avenir est aussi incertain, que l’horizon que l’on ausculte, obstinément. Ceux censés être vos amis s’éloignent, dès que vous avouez être dépassé. Alors, vous réalisez que votre pire ennemi est vous-même, indubitablement.


Arpège avait un rire chaleureux. Leurs conversations duraient longtemps. Quand il proposa qu’ils sortent enfin de l’ombre, pour se voir, elle fut ravie. Et s’il décida et fixa lui-même les conditions, elle n’y vit aucun inconvénient. Elle pensa plutôt qu’il manifestait ainsi un tempérament déterminé à l’envi. Qu’elle connût déjà le mont de la vallée désignée, ne lui parut pas étrange. Elle l’accueillit comme signe d’un destin favorable, et même béni des anges.

Il avait exprimé le vœu qu’ils se retrouvent, peu avant la tombée de la nuit. Toutefois, elle avait décidé de prendre de l’avance, pour ne pas se tromper. Ils devaient se reconnaîtrait car il prononcerait les mots clé de leurs esprits. « Arpège. Aucun lieu nulle part. » Aussi, était-il impossible de se fourvoyer.

Elle aurait pu rétorquer qu’un code n’est secret qu’à condition de le vouloir. Cette clause ne garantissait pas une identité, pouvant toujours être usurpée. Elle n’avait rien dit de tout ceci et avait consenti, en choisissant de le croire. Elle s’était convaincue du bénéfice, à découvrir des possibles insoupçonnés. Il était temps pour elle, de s’extraire de l’ombre, et d’avancer vers l’inconnu. Elle se savait prête à tenter l’aventure, se laisser conduire vers l’impromptu.


A ce moment.

Elle s’était apprêtée malgré une demi-obscurité, qui noierait leurs visages. Ils ne s’étaient jamais vus, ayant l’un comme l’autre refusé la photo d’usage. Ayant gravi la pente, elle atteignit un plat, qui foisonnait d’herbes sauvages. Repérant le creux incurvé, tapissé de mousse, elle y échoua, sans ambages. Elle prit ombrage d’être soudain hantée, par ses souvenirs de tant d’orages. Comment ne pas craindre qu’Arpège, s’il existait, ne répète l’ancien ravage ?

Des pas légers troublèrent sa plongée dans un passé, si proche et lointain. Elle ne vit pas d’où il avait surgi mais elle capta une présence très palpable. Il n’était pas encore tout près mais les mots magiques lui parvinrent de loin. Se dressant, mains en porte-voix, elle fit écho, autant qu’elle en fut capable. Il était venu mais elle ne pouvait le distinguer dans la pénombre descendue. Elle aurait souhaité se hâter vers lui, à seule fin de lui souhaiter bienvenue. Or, elle sentit monter une peur immense et nouvelle, qui la serrait en étau. Sans un geste, elle se revêtit de la pénombre, comme d’un élégant manteau.

« C’est vous ? » Demanda-t-elle, en alerte, se tenant soudain sur le qui-vive. Il énonça les mots de leur sésame, ce qui la rassura mais pas complètement. Ayant dû anticiper ses doutes, il se rapprocha et effleura sa main lentement. « Je suis là pour vous et je le serai autant que nécessaire, quoi qu’il arrive. » Il était donc réel puisqu’il pouvait établir un contact physique, et la toucher. Mais il lui fallait des preuves sur ses véritables intentions et le choix du lieu. « Pourquoi ici, où j’ai passé tant de moments de solitude, et si endeuillée ? » Il lui répondit qu’elle devait se défaire, de tant de regrets des plus insidieux. Mais qui est-il donc pour avoir ainsi compris cette douleur qui me détruit ? Seuls, mes plus proches connaissent la vérité, sur mon épique parcours de vie. Et lors de nos si nombreux échanges, je ne lui ai jamais relaté mon histoire. Alors comment peut-il être aussi bien informé, et d’où lui vient tout ce savoir ? Elle l’entendit murmurer qu’il était l’ombre d’elle-même, tapie dans le noir. Il avait toujours été là et le serait jusqu’au bout, telle sa réplique en miroir. En la prenant par les épaules, il l’attira vers lui, avec une douceur infinie. Elle huma des effluves, rappelant le parfum, lui tenant lieu de seconde peau.

« Est-il possible que vous incarniez la version masculine de mon indéfini ? » Arpège avait répondu avec sérieux, qu’en tout cas, il n’était pas son corbeau. Elle prit une grande inspiration et osa poser une question, bien que très troublée. « Votre but est-il de me sortir des ténèbres, qui m’ont longtemps condamnée ? » « Je viens conjurer un sort, qui vous aliène, au cœur de vos cauchemars. » Dit-il. Qui lui envoyait ce messager pour contrer ses infortunes et abattre les remparts ? Selon lui, il était un doublon, façonné homme, de son passé meurtri, de femme.


Fin de partie

La prenant cette fois par le coude, il guida ses pas sous un ciel chargé d’encre. Levant les yeux pour le scruter, elle discerna un pâle quart de lune qui sombrait. Pouvait-elle se fier à cet homme la dirigeant d’une main ferme, mais jusqu’où ? Comme elle ne le voyait pas, elle se le figurait à travers une démarche très sûre. Elle n’aurait pas été surprise s’il avait dû dévoiler une tête masquée d’un loup. Elle entendit son propre rire, moquant une imagination de mauvaise tournure. Comme s’il avait lu dans ses pensées, il l’invita à chasser, ses funestes présages. « N’ayez rien à craindre de moi, que vous n’auriez fait, tel votre propre otage. » Ils marchaient depuis quelques instants, quand un vent fort se leva en tempête. La puissance des rafales, malmenant leurs corps, ils se retrouvèrent tête à tête. Un éclair zébra le toit de nuit, le lézardant en une longue déchirure lumineuse. Ce qu’elle vit en temps éclair, elle le devait aux folles intempéries capricieuses. Légèrement penchée et à flanc de la colline, se dressait une belle pierre tombale. Se tenant à son pied, avec sa haute stature, Arpège arborait un visage sculptural. Il était impossible qu’il fût ni charnel ni vivant, et encore moins son frère d’âme. Toute cette scène n’était qu’une vaste illusion, dont elle était l’objet et la proie.

Son cœur se mettant à battre la chamade, elle recula et heurta une mince paroi. Elle la parcourut du bout des doigts, concluant au montage d’un décor approprié. En était-elle l’auteur et lui, un simple acteur, qu’elle aurait, à son insu, recruté ? Les contours d’un cimetière se découpèrent dans un jeu de lumière et d’ombre. Arpège s’étant immobilisé, la regarda dans les yeux, les siens plutôt sombres. « Alors, qu’auriez-vous à dire pour votre défense, vous, le grand et bel acteur ? Pour ma part, je considère avoir été flouée, ayant eu affaire à un vil imposteur. » Sous le front haut et le nez aquilin, un pâle sourire dessina des lèvres sensuelles. « Je suis très confus mais vous m’avez élu pour jouer cette partie existentielle. » Sans hésiter, il se précipita vers elle, qui pensait avoir désormais touché le fond. Déposant un baiser papillon sur sa joue toute mouillée de larmes, il lui fit front. Ainsi, traverse-t-on le monde des apparences pour atteindre nos propres vérités. Quoi qu’il en soit de nos défaillances et faiblesses, leur rachat n’est que vacuité.

Sur une pierre tombale toute de guingois, on pouvait lire, en lettres araméennes : V.A Aramian. Née en 1959. Décédée…Or, cette date avait été effacée ou biffée. Se serrant tout contre le comédien, elle lui demanda si ça valait toute cette peine. Il hocha sa tête, surmontée d’une magnifique crinière de longs cheveux argentés.

Adrien, saisissant sa main, il la serra fort, quand l’écran fit défiler le générique. « Tu m’en veux ? » Chuchota-t-il dans la pénombre de la salle, promue aux 3D. Elle se tourna vers lui, tout sourire : « Tu es décidément un homme maléfique. » « Et toi, la pire des femmes que j’ai jamais connues, comme le diable incarné ! »


Valérie Osganian - (groupe "forum des mots") - Paris.

à l'ombre de nos abécédaires

  par Valérie Osganian (groupe "Au forum des mots") - Paris.



1 Kymographes : appareils d’enregistrement graphique ou radiographique des mouvements d’organes dans leurs phases successives ; utilisation du kymographe pour l’inscription des contractions cardio-vasculaires.


2 Warrantage : action de délivrer une marchandise en dépôt et dans diverses sources de commerce, agricoles, hôteliers, industriels, pétroliers ; walk-over ou walkover : course à laquelle participe un seul cheval, par suite du forfait des autres engagés ; match enlevé par un concurrent dont l’adversaire ne se présente pas ; course, épreuve où un des concurrents l’emporte sans rencontrer d’opposition ; welter : en boxe, poids mi-moyen entre les légers et les moyens ; wagon-tombereau : wagon à bords élevés, dont le chargement de fait par le haut et le déchargement par des portes latérales.


3 Xyste : galerie couverte d’un gymnase ; xanthie : papillon de nuit jaune et roux ; Xanthome : petit nodule ou tâche jaunâtre de la peau, constituée de cellules chargées de cholestérol ; xiphoïde : un appendice qui est la partie terminale inférieure du sternum, reconnu comme siège d’oppressions, liées à l’anxiété ; xénon : en chimie, corps simple, le plus lourd des gaz rares de l’air.

vendredi 19 mai 2017

Ombre douce...

Ombre douce, voluptueuse, protèges moi
De l'éclat du soleil qui me met en émoi
En ton sein je me niche au fond de la nuit
Et poursuis mon sommeil orgiaque sans un bruit
Camille


Je suis blanc et pourtant mon esprit est très noir
Le soleil brûle ma peau mais mon cœur est froid
La vie est assombrie par le manque d'espoir
Sombre, loin d'être une lumière, je suis moi
Joel


Il était au fond du gouffre cette nuit là
Il était seul, abandonné, moral bas
Tout à coup apparu une étoile si belle
C'était sa dulcinée, il couru auprès d'elle
Tony


L'obscurité ça fout les jetons à tout l'monde
La lumière ça donne des coups de soleil en rafale
Alors que faire? A la mer se jeter dans l'onde
Ou sous son lit à y crever de trouille
Romain


Toi tu es mon ombre, ma vie, mon soleil vert
Tu es mon seul asile, je te veux près de moi
Je m'enfouis avec délices dans tes cheveux
Tu es mon vitrail naissant enluminé d'or
Christiane


Hôpital de jour Folie Regnault (Fondation Élan Retrouvé) - Paris.

jeudi 11 mai 2017

"au forum des mots"

"Au forum des mots" est le nouveau rendez-vous des plumes maison dédié à la célébration de l'anniversaire de l'Acerma. Rejoignez-nous tous les lundis à 19h ... Qu'on se le dise !!!

AndMister Lucien
(from "The Quai des Lunes", Paris)

mercredi 10 mai 2017

"au forum des mots"

le slam poésie et chanson des mots
Pour se dire ou exprimer ces maux
Par ces mots se laisser bercer comme sur un bateau.
En regardant la lumière percer les lourds rideaux.

En français en arabes en anglais
Les uns et les autres aiment à clamer
En vers en prose ils savent nous enflammer
Sans s'attendre à être acclamés.

Les mots pleuvent et fabrique des images,
Aussi belle qu'un arc en ciel après l'orage,
Des mots qui libèrent la pensée de sa cage,
En douceur ou avec un feu de rage.

Une liberté dont il faut profiter
Dans ce monde ou rien n'est gratuités,
slamer et écouter sans juger de la qualité
utiliser les mots pour gagner en liberté.

Et même si je viens d'un quartier quelque mot je connais
Libre penseur même si en orthographe je suis mauvais,
Des livres et même des chansons m'en faits rêvaient.
A écrire certains mots j'ai pleuré
Mais à lire une blague me fait rigoler,

Les mots traduisent nos émotions
pour être avec les autres ce n'est pas une option
À ces personnes autistes il ne faut pas poser la question,
Ni à ces personnes en prison pour avoir donnés une opinion.

Le privilège ou la liberté de rêver et de penser,
Malgré l'obscurantisme les mots je fais danser,
Malgré le pouvoir même si cela parait insensé,
Les mots sont dits et les blessures presque pansées.

Le corps connais le froid, la soif, la faim
Mais l'esprit par les mots en refuse la fin.
Il croque l'instant et rêves d'un lendemain.
Il aime le moment présent c'est son destin,
Les mots et le corps ne font plus qu'un.

Le slam est fabriqué avec des mots comme un tableau,
Avec des peintures, des couleurs, à l'huile ou à l'eau,
Et parmi tous les mots clamés on garde les plus beaux.
Mais renard fait attention au corbeau.
À cause des mots tu as perdu le morceau.
Parfois les mots nous mettent à nu
Devant des étrangers des inconnus
Et au visage ils nous sont revenus.

De nous jours il faut être capable de sortir des clichés,
Par les mots prendre une liberté sans chercher à flasher
Rester dans le respect et la distance pour ne pas se clacher,
Il faut en profiter les mots c'est encore bon marcher.


Abdeslam
groupe "au forum des mots "